Plonger au volant d’une Citroën Dolly 2CV, c’est comme ouvrir une fenêtre sur les années 80, cette époque où la simplicité et l’esprit libre guidaient nos routes. Je me souviens d’un concours organisé par Citroën en 1985, où une famille passionnée a remporté non seulement une Dolly, mais plusieurs petits lots, un secret jamais dévoilé officiellement. Avec ses couleurs bicolores audacieuses et son charme intemporel, cette édition limitée n’est pas juste une voiture, c’est un morceau d’histoire qui continue d’émerveiller les collectionneurs et les amateurs de belles balades.
Historique de la 2 CV Dolly
Une naissance pour célébrer la durée de vie de la 2CV
Au milieu des années 1980, alors même que l’emblématique 2CV touchait à la fin de son parcours industriel, un souffle de nouveauté est venu raviver la flamme des passionnés. L’histoire raconte que Citroën, soucieux de marquer dignement cette fin d’époque, a confié à Serge Gevin la mission de concevoir une série limitée inspirée de la célèbre Charleston, mais en plus accessible et simple à produire. Le résultat fut un véritable hommage à l’esprit unique de la voiture : une simplicité charmante, une robustesse sans prétention et un look qui invite à la convivialité. Avec son moteur bicylindre de 602 cm³, cette version ne cherche pas la performance flamboyante, mais offre une expérience de conduite paisible, parfaite pour les balades tranquilles au cœur des campagnes.
On peut presque imaginer ces petites 2CV flânant sur les routes, amenant avec elles un doux parfum de nostalgie et de liberté. Il ne s’agissait pas seulement de vendre une voiture, mais de célébrer un morceau d’histoire française, une icône qui, malgré son âge, continue de faire battre bien des cœurs.
Les 3 séries de la Citroën Dolly
La Dolly ne s’est pas contentée d’une unique incarnation. Non, elle est apparue en trois séries successives, chacune apportant ses petites touches singulières, tout en gardant le charme inimitable qui rend cette édition si unique. Au total, plus de 10 000 exemplaires ont vu le jour entre mars 1985 et mars 1986, diffusés autant sur le marché français qu’à l’exportation.
| Série | Date | Nombre d’exemplaires | Palette de couleurs |
|---|---|---|---|
| 1ère série | Mars 1985 | 3 000 (1 500 en France) |
|
| 2ème série | Octobre 1985 | 2 000 (600 en France) |
|
| 3ème série | Mars 1986 | Environ 2 000 (en France) |
|
Chaque série avait ses propres particularités, tant au niveau des couleurs que de la sellerie. Tandis que la première série devait faire deux passages en peinture pour obtenir son style bicolore distinctif, rendant l’opération plus coûteuse, les suivantes ont bénéficié d’une amélioration dans le procédé, notamment pour faciliter la production et offrir des teintes encore plus gaies.
Cette diffusion progressive, par petites vagues de versions colorées différentes, a donné vie à une famille de voitures à la fois uniformes dans leur philosophie et riches en diversité visuelle. Les collectionneurs les plus passionnés rêvent encore aujourd’hui de réunir l’ensemble des variantes, chacun étant comme un morceau de ce tableau vivant que la Dolly représente.
Les séries détaillées
1re série : Mars 1985
La première édition limitée de cette petite merveille a vu le jour en mars 1985, avec une production totale de 3 000 exemplaires. C’était une époque où la simplicité rencontrait la créativité, donnant naissance à des véhicules aux combinaisons de couleurs inédites. Cette série se distinguait par une dominante de teintes plutôt sobres, où le gris Cormoran tenait une place importante. Parmi les modèles, on retrouvait des duos comme le rouge Vallelunga associé au gris, ou encore le blanc Meije couplé au gris, chaque voiture arborant une capote assortie qui ajoutait une touche d’élégance. Les sièges reprenaient la fameuse sellerie de la Charleston, renforçant ainsi le confort et le style.
Ce premier tirage n’était pas seulement un joli coup d’œil, mais aussi un défi technique puisque les voitures nécessitaient deux passages en peinture, complexifiant leur fabrication. Cela rendait chaque voiture encore plus précieuse, voire un peu unique. Pour les collectionneurs, c’est cette complexité et cette authenticité qui confèrent à cette série une valeur symbolique et nostalgique. La 1re série est donc appréciée pour son charme un peu « brut » et son histoire, reflet d’une époque.
2e série : Octobre 1985
Fort du succès rencontré, Citroën a lancé une deuxième série en octobre 1985, avec cette fois-ci environ 6 000 exemplaires. Cette fois, la palette de couleurs est un peu plus joueuse, plus chaleureuse et joyeuse, avec des associations telles que le rouge Vallelunga avec le blanc Meije, le blanc Meije accompagné d’un vert Bambou, ou encore un duo plus audacieux entre rouge Delage et jaune Rialto. Cela insufflait une âme plus vive à ces véhicules, qui transforma la 2CV en un petit concentré de bonne humeur sur quatre roues.
Les améliorations techniques ont également été apportées pour faciliter la production, notamment pour corriger les problèmes liés au double passage en peinture qui rendaient la première série plus compliquée à assembler. Pour un amateur, cette série représente un beau compromis entre un aspect festif, un coût maîtrisé et une excellente qualité de fabrication. C’est une génération qui plaira à ceux qui recherchent une esthétique plus légère et plus colorée, tout en conservant le charme intemporel.
3e série : Mars 1986
La troisième et dernière série est apparue en mars 1986, proposant une production d’environ 3 000 voitures, dont 2 000 pour le marché français. Elle reprenait plusieurs teintes déjà vues, comme le rouge Vallelunga avec du blanc Meije, mais aussi des mélanges plus originaux comme le bleu Nuit combiné avec le jaune Rialto. Les capotes étaient soigneusement coordonnées aux couleurs des carrosseries, ce qui donnait un aspect harmonieux et cohérent à l’ensemble. On notera que cette série bénéficiait d’une sellerie haut de gamme, plus épaisse et confortable, agrémentée de côtés en similicuir, renforçant encore davantage le confort.
Pour les passionnés, cette édition est une sorte d’aboutissement, un équilibre parfait entre esthétique, confort et caractère. C’est aussi un modèle plus accessible à collectionner aujourd’hui. Enfin, la finition plus élégante en fait un compagnon idéal pour ceux qui souhaitent savourer la conduite avec un peu plus de douceur et d’élégance, tout en restant fidèle à l’esprit authentique et désinvolte de cette époque.
Les couleurs et l’esthétique
Quand on parle de la Citroën Dolly 2CV, son style unique attire immédiatement l’attention. Cette voiture ne se contente pas d’être une simple citadine ancienne, elle revendique une véritable personnalité esthétique. Le secret réside notamment dans ses teintes bicolores, une signature qui lui confère un charme inimitable. On pourrait presque dire qu’elle joue avec la peinture comme un artiste joue avec ses couleurs, créant une symphonie visuelle qui capte le regard. Plus qu’une voiture, c’est un objet d’art roulant, une invitation à un voyage rétro où la simplicité rime avec originalité.
Le design, pourtant simple, est riche en détails qui montrent une volonté de se démarquer sans en faire trop. À l’ère des voitures uniformes, cette édition limitée s’impose telle une bouffée d’air frais, portée par des contrastes audacieux et des combinaisons rarement vues dans les séries classiques. Le résultat ? Un visuel ludique, frais et résolument joyeux.
Les couleurs bicolores : un symbole distinctif
Le grand atout de cette automobile reste ses habillages bicolores, véritables codes esthétiques qui la rendent immédiatement reconnaissable. Imaginez un vêtement vintage revisité avec talent : un mélange de tons aussi surprenants qu’harmonieusement assemblés. Ce jeu de couleurs est bien plus qu’une simple déco, c’est une identité. Rouge vif associé à un gris bleuté, vert anis qui tempère un blanc éclatant, ou encore du jaune solaire mêlé à un ton plus neutre. Chaque combinaison raconte une histoire et insuffle à la voiture un caractère bien à elle.
Cette approche n’est pas juste une coquetterie visuelle mais une marque de fabrique, une déclaration d’indépendance esthétique. Le choix bicolore souligne subtilement les formes arrondies de la voiture, mettant en lumière ses courbes et ses lignes avec une élégance modeste. C’est un peu comme si chaque teinte venait souligner un détail, un pli de l’habit. La Dolly ne souhaite pas passer inaperçue, mais elle le fait avec douceur et subtilité.
Couleurs proposées par série
| Série | Année | Couleurs principales | Couleurs de la capote | Exemples de combinaisons |
|---|---|---|---|---|
| 1ère série | Mars 1985 | Rouge Vallelunga / Gris Cormoran Blanc Meije / Gris Cormoran Gris Cormoran / Jaune Rialto | Capote Rouge Vallelunga Capote Noire Capote Jaune Rialto | Rouge vif avec gris doux Blanc éclatant tempéré par un gris foncé |
| 2ème série | Octobre 1985 | Blanc Meije / Vert Bambou Rouge Vallelunga / Blanc Meije Rouge Delage / Jaune Rialto | Capote Blanche Capote Rouge Vallelunga Capote Jaune Rialto | Vert tendre marié au blanc puissant Rouge flamboyant avec blanc cassé |
| 3ème série | Mars 1986 | Rouge Vallelunga / Blanc Meije Bleu Nuit / Jaune Rialto Rouge Delage / Jaune Rialto | Capote Rouge Vallelunga Capote Jaune Rialto Capote Jaune Rialto | Bleu profond contrastant avec un jaune vif Rouge passion avec jaune chaud |
Ces déclinaisons successives ont permis à la voiture de se renouveler tout en restant fidèle à ce concept de bicolore qui lui va si bien. Chaque série apporte son lot de fraîcheur et d’audace, offrant un véritable éventail de styles, parfois très contrastés, parfois plus doux. Les capotes étaient assorties aux teintes pour créer un ensemble cohérent, soulignant le soin apporté à chaque détail.
On remarquera aussi que cette palette colorée traduit une époque où l’on osait le mélange des tons, où la simplicité n’empêchait pas la créativité. Ces choix font aujourd’hui de ces petites voitures, des objets très convoités, des trésors d’élégance vintage.
Équipement et motorisation
L’équipement des Citroën Dolly 2cv
La douceur du déplacement discret prend tout son sens grâce à un équipement pensé pour l’authenticité et le confort simple. Les enjoliveurs en inox, empruntés à la Dyane 6, donnent une touche d’élégance subtile sur des roues peintes en blanc Meije qui ressortent joliment sur la carrosserie bicolore. À l’intérieur, on retrouve un soin particulier avec deux pare-soleils indispensables pour les balades ensoleillées, ainsi qu’une capote s’ouvrant de l’intérieur pour une touche de praticité vintage.
On remarque aussi les sièges empruntés à la 2CV 6 Charleston, offrant un confort relativement supérieur à celui des modèles antérieurs, tout en restant fidèle à l’esprit rustique et authentique de la voiture. L’association des éléments plastiques noirs, notamment sur les clignotants avant et les supports de feux arrière, contraste agréablement avec les teintes vives, renforçant le charme rétro et la reconnaissance immédiate de ce modèle.
Cette simplicité soignée contribue à une expérience à la fois conviviale et facile d’usage, parfaite pour rouler avec plaisir sans artifice superflu. En somme, chaque détail, du pare-soleil au choix des matériaux, se conjugue pour faire de cette voiture un compagnon idéal des escapades champêtres et urbaines.
Moteur
Sous le capot, cette automobile conserve l’âme mécanique qui a fait sa légende. Le moteur bicylindre de 602 cm³, délivrant 29 chevaux DIN, offre une puissance modeste, mais suffisante pour profiter des routes tranquilles sans stress. Il ne s’agit pas d’une bête de course, mais plutôt d’un cœur portable qui rythme la conduite d’une manière presque poétique.
Avec ses freins à disque avant, qui étaient un progrès à son époque, le véhicule allie sécurité et tradition. Cet ensemble mécanique, combiné à une vitesse maximale d’environ 115 km/h, rappelle que l’essence de cette voiture n’est pas la performance brute, mais l’authenticité de chaque instant passé au volant.
Prendre les commandes, c’est un peu comme retrouver un vieux compagnon de route : moteur modeste certes, mais robustesse et fiabilité au rendez-vous. La mécanique à air et la simplicité des organes font qu’entretenir ce moteur est à la portée de tout passionné voulant s’immerger dans une époque où l’automobile signifiait avant tout liberté et décontraction.
Expérience et notoriété
Une expérience de conduite inégalée
Prendre le volant d’une 2CV Dolly, c’est littéralement remonter le temps. Son moteur bicylindre de 602 cm³ offre une puissance modeste, mais parfaitement adaptée à une balade sereine sur les petites routes de campagne. Pas question ici de vitesse effrénée, mais plutôt d’un voyage au rythme tranquille, où chaque instant prend tout son sens. La simplicité de la mécanique et la légèreté du véhicule rendent la conduite étonnamment agréable, presque dépaysante. On pourrait comparer cela à une promenade à vélo dans un parc : pas de chichis, juste le plaisir pur de rouler. D’ailleurs, la 3e version de cette édition spéciale propose un confort légèrement amélioré, notamment grâce à une sellerie plus épaisse, pour prolonger le plaisir du voyage. La 2CV Dolly n’offre certes pas le luxe des voitures modernes, mais son charme indéniable transforme chaque trajet en une expérience mémorable, enracinée dans un esprit d’authenticité.
Une célébrité intemporelle
Au fil des décennies, cette petite voiture est devenue un véritable icône de la culture automobile française. Ce n’est pas simplement un modèle parmi d’autres ; c’est un symbole d’originalité et de liberté, qui continue de faire battre le cœur des passionnés. Sa production limitée, avec moins de vingt mille exemplaires, a contribué à créer un engouement particulier parmi les collectionneurs. Les exemplaires en bon état ou restaurés atteignent souvent des prix impressionnants, car ils représentent un fragment précieux d’histoire sur roues. Plus qu’une voiture, elle est un véritable objet de culte, souvent conviée à des rassemblements ou expositions, où son esthétique ludique et ses couleurs bicolores attirent immanquablement les regards. Comme un artiste dont l’œuvre traverserait le temps, cette création unique évoque à chacun des souvenirs et une joie authentique, rappelant une époque où la simplicité et l’esprit libre dominaient.
Un petit voyage intemporel
La Citroën Dolly 2CV, avec ses couleurs joyeuses et son esprit libre des années 80, reste bien plus qu’une simple voiture. Elle raconte une histoire, celle d’une époque où la simplicité régnait. Posséder une Dolly, c’est un peu comme trouver un trésor familial, chargé de souvenirs et d’émotions. Pour moi, chaque trajet à son volant est un doux retour dans le temps, une parenthèse hors du tumulte moderne. C’est cette magie que seul un vrai passionné peut comprendre.

