La Renault 5 Turbo 2, c’est un mythe des années 80, une véritable brute au cœur passionné, dessinée pour les amoureux de sensations fortes et d’authenticité. J’ai toujours été fasciné par son moteur central arrière et ce souffle rauque du turbo qui vous colle au siège, rappelant les temps héroïques du rallye. Produite à seulement 3 167 exemplaires, elle incarne un parfait équilibre entre folie mécanique et élégance brute, un objet de convoitise pour tous les passionnés de sportives françaises historiques. Rien que voir son bleu métallisé briller au soleil suffit à faire battre le cœur !
Genèse de la Renault 5 Turbo 2
La Renault 5 Turbo 1981 – 1982

À la croisée des chemins entre audace industrielle et passion mécanique, la première génération de cette sportive française a vu le jour en 1981. Elle écarta les habitudes en optant pour un moteur placé en position centrale-arrière, une rareté à l’époque sur une compacte. Ce moteur 4 cylindres de 1 397 cm³ suralimenté par turbocompresseur délivrait une puissance impressionnante de 160 chevaux, un vrai cœur de lion dissimulé sous un style compact.
L’intérieur conçu par Bertone offrait une ambiance futuriste, mêlant confort et sportivité. Les ouvrants et le pavillon en aluminium allégeaient la structure, accentuant la légèreté de la voiture. Disponible principalement en deux teintes vives — le rouge grenade et le bleu olympe — cette version se démarquait sur la route autant qu’en compétition. À l’image d’un ballet parfaitement réglé, ses suspensions et son châssis transformaient chaque virage en un moment de pure adrénaline, même si la conduite pouvait se montrer exigeante.
Pour le pilote, le freinage ne laissait rien au hasard avec des disques ventilés empruntés à d’autres modèles performants du groupe, combinant précision et force. En tout, 1 690 exemplaires furent produits, marquant durablement l’histoire automobile de cette décennie.
La Renault 5 Turbo 2 1983 – 1985

Revenant sur le devant de la scène en 1983, cette nouvelle mouture apparut comme une version plus accessible et pragmatique, tout en conservant la même fougue sous le capot. La carrosserie changea d’acier, optant pour des panneaux plus classiques empruntés à la Renault 5 de série, délaissant ainsi l’aluminium pour des raisons économiques. Cela permit de réduire significativement le prix, rendant cette voiture d’exception plus abordable, sans pour autant sacrifier ses performances à sensation.
L’habitacle s’inspira de celui de la Renault 5 Alpine Turbo, troquant le côté futuriste contre un confort renforcé et des matériaux plus communs, mais efficaces. Les sièges profonds et enveloppants, couplés à un volant en cuir, offraient une position de conduite idéale, bien que cette sportive restât pointue à maîtriser. Fabriquée à seulement 3 167 exemplaires, elle demeure un graal pour les passionnés qui apprécient le mariage entre la sportivité brute et un certain esprit de l’époque.
Sur le plan technique, la mécanique resta fidèle à son bloc Cléon-Fonte de 1 397 cm³ turbocompressé, capable de délivrer 160 chevaux. Mais la vraie transformation vint d’une approche plus quotidienne : vitres électriques en option, rétroviseur ajustable de l’intérieur et peinture métallisée. Toutes ces touches modernes rendirent la voiture plus polyvalente, à mi-chemin entre le bolide de course et la voiture de route performante pour les amateurs avertis.
Caractéristiques techniques du Turbo 2 Renault
Groupe motopropulseur
Le cœur battant de cette voiture est un petit moteur 4 cylindres en ligne d’une cylindrée de 1 397 cm³. Placé en position centrale-arrière, ce moteur compact délivre une puissance notable de 160 chevaux grâce à un turbocompresseur de type Garrett T3. Cette configuration audacieuse, conçue dans un souci d’optimisation des performances et de répartition des masses, confère à la voiture un caractère vif et joueur. L’injection mécanique Bosch K-Jetronic assure une alimentation précise du moteur, tandis que la culasse en alliage léger, dérivée de modèles précédents comme la R5 Alpine, garantit un bon rendement thermique. Le moteur fonctionne avec un taux de compression volontairement abaissé à 7:1 pour supporter la suralimentation. Bref, c’est un moteur à la fois robuste et performant, qui fait vibrer les passionnés depuis des décennies.
Châssis
Sous cette carrosserie compacte, on retrouve une structure mêlant ingénieusement acier et aluminium pour offrir à la fois rigidité et légèreté. La monocoque en tôle d’acier, soudée avec soin, est renforcée par des éléments en polyester stratifié et aluminium, assurant une excellente tenue en virage et une bonne résistance aux contraintes. Le poids total, inférieur à 1 250 kg, s’appuie sur un équilibre très intéressant : 386 kg sur l’avant et 584 kg sur l’arrière, favorisant une maniabilité dynamique. L’ensemble de la caisse a été étudié pour résister aux rigueurs de la compétition tout en conservant l’agilité nécessaire pour des parcours exigeants. Cette architecture a fait ses preuves, alliant finesse technique et sensations fortes au volant.
Trains roulants
Les trains avant et arrière s’appuient sur une géométrie évoluée avec des quadrilatères déformables qui optimisent le contact au sol, même dans les conditions les plus extrêmes. À l’avant, des doubles triangles superposés associés à des barres de torsion longitudinales assurent un guidage précis de la roue. L’arrière reprend une configuration similaire avec ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques, accentuant la tenue de route. La direction à crémaillère, rapide et directe, offre un feeling authentique. Pour les amateurs de chiffres, le diamètre de braquage est proche de 10,4 mètres, une donnée importante qui illustre la nervosité et la capacité de ce bolide à s’insérer dans les virages serrés. La recette est simple : un train roulant précis, rigide et réactif qui transforme chaque courbe en un vrai moment de plaisir.
Système de freins
Le freinage, souvent sous-estimé, est une pièce maîtresse ici. Le véhicule est équipé de freins à disque ventilés aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, un choix judicieux pour dissiper efficacement la chaleur lors d’efforts prolongés. La commande hydraulique, assistée et compensée, permet un dosage fin et une excellente résistance à la fatigue. Le maître-cylindre spécifique et le répartiteur manuel, placés à l’intérieur de l’habitacle, donnent au pilote un contrôle total, essentiel en conditions de course ou de conduite sportive soutenue. Imaginez ce système comme des gladiateurs endurants, prêts à dominer chaque descente et arc de cercle. Ce dispositif garantit des arrêts courts, précis, et surtout fiables, même après des attaques répétées sur le bitume chaud.
Versions spéciales et variantes
Type Cévennes « compétition-client » et « usine »
La version Type Cévennes incarne à merveille l’esprit de compétition qui a toujours animé Renault. Commercialisée à partir de juin 1981, cette déclinaison « compétition-client » a été pensée pour ceux qui rêvaient de fouler les routes du FIA Groupe 4 avec un bolide aux performances redoutables. D’ailleurs, elle doit son nom à la mythique deuxième place de Jean Ragnotti lors du rallye des Cévennes en 1980.
Avec sa couleur jaune emblématique et un habitacle sombre, cette édition ne fait aucun compromis sur l’efficacité. Le moteur conserve sa puissance d’origine mais bénéficie d’éléments améliorés tels qu’un échangeur air/air plus épais et une tête d’allumeur revue. Le pilotage devient plus précis grâce à un châssis affûté et des freins renforcés. C’est une véritable invitation pour les passionnés à s’immerger dans l’univers du sport automobile le plus intense.
À noter que cette version fut produite en seulement vingt exemplaires, faisant d’elle une pièce rare prisée par les collectionneurs et aficionados du rallye.
Type Tour de Corse « compétition-client » et « usine »
L’après-victoire en 1982 au très exigeant Tour de Corse a insufflé à Renault Sport l’envie de transmettre son savoir-faire à ses clients. La Type Tour de Corse répond aux normes strictes du groupe B, mélange d’audace et de rigueur technique. Cette variante est pensée pour dompter les routes sinueuses de Corse, où précision et robustesse sont primordiales.
Au cœur de cette machine repose un bloc de 1 397 cm³ doté d’un turbocompresseur Garrett T3, accompagné d’un échangeur air-eau sophistiqué. Les réglages portent la puissance bien au-delà des standards, pouvant atteindre jusqu’à 285 chevaux selon le kit installé. Imaginez un voilier dans la tempête : grâce à cette mécanique, la voiture navigue avec une étonnante maîtrise face aux caprices des virages corses.
Son châssis se distingue par une rigidité renforcée et une aérodynamique retravaillée, avec notamment un énorme aileron arrière qui ne passe pas inaperçu. En somme, ce modèle est un condensé de la passion de Renault pour le rallye, mêlant performance brute et technologie de pointe.
Maxi 5 Turbo
Lorsque la compétition frappe à la porte avec de nouvelles règles, il faut savoir s’adapter et repousser les limites. La Maxi 5 Turbo est la quintessence de cette évolution. Conçue pour dominer le groupe B et affronter les quatre roues motrices sur l’asphalte, cette version change la donne en adoptant une cylindrée supérieure et des spécifications techniques révolutionnaires.
Seulement 20 exemplaires ont vu le jour, chacun étant une véritable œuvre d’art technique. Leur poids plume de 905 kg, obtenu grâce à une carrosserie en acier et un pavillon en aluminium, rappelle l’excellence d’un sprinter affiné pour l’élan parfait. Le moteur gagne en puissance grâce à un turbocompresseur inspiré de la Formule 1 avec système DPV, affichant des chiffres impressionnants jusqu’à 350 chevaux sur un quatre-cylindres de 1 527 cm³.
À cela s’ajoutent des freins à disques ventilés plus grands, un train avant élargi pour plus de stabilité et des pneumatiques Michelin Michelin TB 20 en versions 15 ou 16 pouces. Cette exclusivité, blanche nacrée et dotée d’un arceau de sécurité 16 points en aluminium, symbolise le summum de la voiture de sport compacte et agressive, taillée pour conquérir les circuits les plus redoutables.
Performances et résultats en compétition
Les victoires de la Renault 5 Turbo, en rallye et sur piste
La Renault 5 Turbo s’est imposée comme une véritable légende dans l’univers des sports mécaniques, en particulier dans les rallyes et sur circuits. Sa puissance compacte et son agilité redoutable ont fait sensation, lui ouvrant le chemin vers de nombreuses victoires mémorables. De Jean Ragnotti à Bruno Saby, les pilotes ont su tirer parti de cette sportive au caractère bien trempé, souvent comparée à une bête sauvage domestiquée. Cette voiture frappante, aussi rare que performante, a dominé des épreuves parfois impitoyables, prouvant que derrière son allure compacte se cachait un monstre capable de rivaliser avec des bolides beaucoup plus gros.
Son moteur turbo en position centrale arrière, offrant une répartition idéale des masses, a donné lieu à un comportement dynamique exceptionnel, souvent décisif sur des tracés techniques et sinueux. En piste, elle a aussi su briller grâce à son châssis rigide et ses ajustements précis, ce qui lui a permis de tenir tête à des concurrentes prestigieuses. Par exemple, elle s’est illustrée dans des rendez-vous mythiques, comme les 24 Heures de Zolder, où son endurance et sa vivacité ont marqué les esprits.
Groupe 4 et Groupe B
Au fil des années, la Renault 5 s’est taillée une réputation de bête de compétition grâce à ses versions spécialement développées pour les catégories Groupe 4 et Groupe B. Ces groupes, connues pour leur niveau d’exigence, ont poussé la petite sportive à se dépasser. Le Groupe 4 symbolisait la compétition semi-amateur, mais la Renault 5 Turbo n’a pas fait de complexe face à des machines plus puissantes. Toujours affûtée, elle a remporté son lot d’épreuves, prouvant l’ingéniosité et la passion qui animaient son développement.
Avec l’avènement du Groupe B, au début des années 1980, les attentes sont montées d’un cran. Cette catégorie, célèbre pour l’audace technique et la puissance phénoménale, a donné naissance à une version Maxi, une véritable fusée sur roues. Bien que seulement vingt exemplaires clés en main aient vu le jour, ils ont été des références incontournables, portant la sportivité à son paroxysme. Ces machines, bardées d’arceaux de sécurité et de suspensions renforcées, faisaient vibrer les pistes d’asphalte et de terre. Une époque révolue où le danger frôlait l’adrénaline pure.
Cette évolution a aussi engendré une véritable révolution dans le monde de la compétition client, offrant aux passionnés l’opportunité d’embrasser l’esprit course à un haut niveau. C’est un chapitre fascinant où technique, bravoure et légende se mêlent étroitement.
Vie à bord et équipement

Entrer dans cette voiture, c’est comme plonger dans un univers où sportivité et confort se rencontrent avec élégance. Dès l’installation, on remarque le soin apporté aux détails : le volant en cuir noir ISO DELTA offre une prise en main parfaite, tandis que la boule du levier de vitesse, également gainée de cuir, souligne le côté artisanal et qualitatif de l’habitacle. La planche de bord, dénuée de toute fissure ou rayure, témoigne de l’attention portée à l’entretien.
Les sièges avant, profonds et enveloppants, habillés de simili cuir bleu et noir, remplacent avec style les originaux en velours côtelé. Ils invitent à profiter pleinement de la conduite, offrant maintien et confort, même lors des virages les plus serrés. Assortis aux portes recouvertes du même matériau, ces éléments créent une ambiance harmonieuse. Au-dessus, un ciel de toit sable en tissu ajoute une touche chaleureuse.
Pour la praticité, la voiture est équipée des fameuses vitres électriques, une option précieuse pour ce modèle d’époque. Sur la console, la montre digitale Veglia trône, donnant une note futuriste et fonctionnelle. L’instrumentation d’origine, quant à elle, fonctionne parfaitement, incluant des manomètres de pression turbo et de température d’eau – essentiels pour un moteur aussi radical que celui de cette sportive.
En arrière-plan, on trouve des équipements astucieux : le rétro extérieur, réglable électriquement depuis la planche de bord, promet des ajustements rapides et faciles, même en pleine conduite. Ajoutez à cela un système d’essuie-glace à l’arrière, un becquet aérodynamique soigneusement moulé, et vous obtenez une voiture qui allie plaisir de conduite et confort du quotidien avec brio.
Un bijou de l’histoire automobile française
La Renault 5 Turbo 2, c’est bien plus qu’une sportive des années 80, c’est une aventure mécanique et humaine. Son caractère brut et sa rareté en font un rêve pour tout passionné. Entendre son turbo qui s’emballe, sentir la précision de son chassis, c’est plonger dans un morceau d’histoire où technologie et passion s’entrelacent. On imagine aisément les pilotes légendaires la dompter en rallye, un vrai bijou à chérir et à redécouvrir.

